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8 juin 2026

Pour Rosa, jeune victime belge du réchauffement climatique

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Au moment des inondations qui ont frappé la Belgique en juillet 2021, Rosa avait 15 ans. Elle est l’une des premières victimes belges des catastrophes climatiques, qui sont chaque année responsables de 60.000 à 100.000 décès dans le monde. Son ami Benjamin, présent à ses côtés au moment de sa mort, nous partage son témoignage et appelle le monde politique à se réveiller.

« Je m’appelle Benjamin Van Bunderen Robberechts, j’ai 19 ans. Je vous partage ici mon témoignage, comme je l’ai déjà fait à de nombreuses reprises depuis les événements de 2021. Même si à chaque fois, c’est très difficile pour moi. En juillet 2021, j’avais 14 ans. Mon amie Rosa en avait 15. On participait tous les deux à un camp d’été à Rendeux, dans la province du Luxembourg, avec plein d’autres jeunes activistes en devenir, portés par l’idée de changer le monde. Le 13 juillet, il s’est mis à pleuvoir, de plus en plus fort. Le lendemain matin, c’était le déluge. La petite rivière près du camp s’est soudainement mise à déborder. Une vague a déferlé sur Rosa et moi et nous avons été emportés par le courant. J’ai attrapé sa main, mais j’ai percuté un poteau de clôture qui m’a fait lâcher prise. Rosa a disparu dans le torrent.

Pendant les semaines qui ont suivi, je ne savais pas quoi faire. J’ai finalement contacté les amis et la famille de Rosa et, ensemble, on a décidé d’accompagner notre deuil par l’action. On a lancé la campagne « Climate Justice for Rosa », qui est pour nous une manière de commémorer la mémoire de Rosa et des 39 autres Belges qui ont trouvé la mort ce jour-là. Mais c’est aussi une manière de se battre pour obtenir des mesures politiques sérieuses. Face à l’inaction climatique, il faut arrêter de voir le changement climatique comme un problème distant ou abstrait. C’est une question de vie ou de mort, y compris près de chez nous.

J’ai alors passé plusieurs années à porter notre parole dans les COP, au parlement fédéral et au parlement européen. Ça a été beaucoup de travail et je n’avais pas forcément les codes. J’étais à peine adolescent. Mais j’ai vu que mon témoignage avait un impact sur les gens, et je suis fi er d’avoir trouvé la force de le partager. Revenir sans cesse sur ce souvenir, c’est horrible, mais je continue de le faire parce que je dois le faire.

Le réalisateur Nic Baltazar m’a ensuite contacté, avec l’idée de mettre en scène mon témoignage sous la forme d’une pièce de théâtre, que j’ai donc co-écrite avec lui : « Pour Rosa ». J’ai compris que c’était le meilleur moyen de transmettre, par la voix d’un acteur, toute la force de la réalité que j’ai vécue. Au total, 150 représentations en néerlandais ont déjà eu lieu. Et ce vendredi 22 mai, c’est la première représentation francophone. »

A travers la campagne « Climate Justice for Rosa », Benjamin a obtenu la création d’une Journée mondiale des victimes du climat, fixée au 15 juillet. Mais son activisme ne s’arrête pas là : sensibilisation, actions de mobilisation, poursuite de Total Energies en justice. En trente ans à peine, le nombre de catastrophes climatiques a triplé et celles-ci causent déjà chaque année entre 60.000 et 100.000 décès dans le monde. C’est pourquoi, comme nous y invite Benjamin, chacun de nous doit trouver son rôle dans ce combat : que ce soit en décarbonant notre consommation, en nous impliquant dans les mouvements qui font pression sur les politiques (Youth for Climate, Grands-parents pour le climat, etc.) ou en prenant les bonnes décisions professionnelles.

Propos recueillis par Nicolas Barla (Coordinateur de la revue Supporterres)

retrouvez cet article dans CE NUMÉRO de notre revue supporterREs

Supporterres n°36