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8 juin 2026

Supporterres n°36 : Solidaires dans le travail

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Face aux deux comptes à rebours qui enserrent notre époque – l’effondrement écologique et la montée des inégalités de pouvoir – un mot d’ordre doit guider nos pas : faisons renaitre de leurs cendres l’entraide et la solidarité entre travailleur.euse.s, tant au niveau local qu’international.

Supporterres n°36 : Solidaires dans le travail

Le travail est au coeur de notre quotidien, de l’actualité, des débats politiques. En Belgique, les grandes grèves et manifestations des deux dernières années ont montré que la défense des droits des travailleur.euse.s peut encore susciter de puissants élans de solidarité et d’entraide. Ces élans n’ont pourtant pas transgressé les frontières comme ce fut le cas autrefois. De la Première Internationale des Travailleurs (1864) aux mouvements paysans de la fin du XXe siècle, la question du travail a longtemps servi de ferment pour la solidarité internationale et la lutte commune contre les inégalités.

Plusieurs décennies de libéralisation des marchés ont cependant nourri une concurrence sauvage entre producteurs et productrices du monde entier, déforçant de cette manière bon nombre de dynamiques de solidarité. Dans le secteur agricole, toutefois, force est de constater que l’entraide agricole n’est pas morte pour autant. On la voit ressurgir de l’ombre, encore et encore, lorsque la lutte pour la survie requiert de faire front commun face au rouleau compresseur du néolibéralisme et de la mondialisation.

Les exemples récents ne manquent pas : mobilisations européennes contre l’accord UE-Mercosur, protestations des producteurs mexicains contre l’accaparement des ressources, résistance des paysans indiens face aux dérégulations. Et en parallèle, de plus en plus d’agriculteur.rice.s renouent avec des formes d’organisation collectives basées sur l’entraide, comme l’illustre l’exemple des femmes éthiopiennes présenté dans ce numéro.

Mais la vérité est là : les solidarités propres au secteur agricoles ne suffiront pas à assurer un avenir viable pour notre production alimentaire. Plus que jamais, un élan de solidarité des citoyen.ne.s envers celles et ceux qui nous nourrissent est nécessaire. Il est grand temps de s’emparer collectivement des grands défis qui pèsent sur l’agriculture, telles que les difficultés d’accès aux terres pour les futures générations d’agriculteur.rice.s ou la préservation des surfaces cultivables face à la bétonnisation. Il est aussi grand temps de valoriser les multiples fonctions positives que les agriculteurs peuvent jouer dans la société en adoptant des pratiques agroécologiques : préservation des sols et de la biodiversité, offre d’une alimentation saine et locale, entretien de la beauté des paysages, mitigation des inondations et sécheresses, etc.

Au Sommaire :

Supporterres n°36