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21 août 2026
Cet été, la chaleur et la sécheresse se sont imposées en Europe : vagues de chaleur à répétition, sols asséchés, incendies jusque dans nos Fagnes, surmortalité.
Nos campagnes ne sont pas épargnées : canicules et manque d’eau mettent les prairies, les cultures et les élevages à rude épreuve.
En Belgique, les premières estimations évoquent 20 à 30% de pertes de récoltes en moyenne cette année, et jusqu’à 40 % pour les cultures les plus touchées, selon la Fédération Wallonne de l’agriculture. (1)
Ce que nous commençons à vivre ici, les familles paysannes de nombreuses régions du Sud global y sont confrontées depuis bien plus longtemps.
Au Sahel, par exemple, des sécheresses plus fréquentes et plus intenses mettent les familles paysannes sous pression. Moins de récoltes, moins de revenus, des ressources en eau plus difficiles d’accès… et une insécurité alimentaire qui s’aggrave.
Mais ces communautés paysannes ne sont pas seulement en première ligne : elles développent aussi des solutions pour mieux résister aux sécheresses, aux fortes pluies et aux autres aléas climatiques. Et l’agroécologie en fait partie.
L’agroécologie combine différentes pratiques pour rendre les cultures et les élevages plus résistants aux aléas climatiques. Des sols riches en matière organique retiennent mieux l’eau et résistent davantage à la sécheresse. Des arbres et des haies dans les champs et les pâturages apportent de l’ombre et peuvent atténuer les effets des vagues de chaleur, des fortes pluies ou des tempêtes.
Diversifier les cultures et préserver des semences adaptées permet aussi de réduire le risque de tout perdre lorsqu’une culture est touchée par la sécheresse, une maladie ou un autre aléa. En combinant ces pratiques, l’agroécologie aide les familles paysannes à mieux protéger leurs récoltes et leurs ressources face à un climat de plus en plus chaud et imprévisible.
Contrairement à une agriculture conventionnelle fortement dépendante des énergies fossiles et des intrants de synthèse (engrais, pesticides, mécanisation intensive), l’agroécologie cherche aussi à réduire l’empreinte climatique de l’agriculture.
Moins d’intrants de synthèse, des sols vivants capables de stocker davantage de carbone : elle ne se contente pas d’aider les systèmes agricoles à s’adapter au dérèglement climatique ; elle contribue aussi à réduire certaines des émissions qui l’alimentent.
En Éthiopie, 95 % des terres cultivées dépendent des précipitations. Les saisons deviennent plus imprévisibles : les pluies arrivent trop tard, trop fortement ou pas du tout. Dans certaines régions, les sécheresses, autrefois décennales, frappent désormais tous les deux ou trois ans, explique Solomon Kebede, directeur de notre partenaire MELCA Ethiopia.
Pour les familles paysannes, les conséquences sont directes : récoltes menacées, revenus fragilisés et sécurité alimentaire mise à mal.
Pour y faire face, elles combinent savoirs ancestraux et innovations : semences adaptées, compost, paillage et diversification des cultures.
Le compost enrichit les sols, le paillage limite l’évaporation de l’eau et la diversification réduit la dépendance à une seule récolte lorsque les conditions deviennent difficiles. L’élevage évolue aussi, avec des races locales plus résistantes à la chaleur et à la sécheresse.
De plus en plus d’agriculteurs et d’agricultrices diversifient aussi leurs revenus au-delà des champs : petites entreprises, artisanat, groupes d’épargne ou coopératives.
Dans les zones accompagnées par MELCA, les sols retiennent mieux l’eau et les récoltes sont désormais plus stables malgré les aléas climatiques.
→ Lire l’article complet sur les paysans éthiopiens qui cultivent la résilience


Dans le nord du Burkina Faso, les pluies sont de plus en plus difficiles à prévoir et les sols s’appauvrissent. Certaines cultures, comme le maïs, sont particulièrement gourmandes en eau et en intrants, ce qui les rend peu adaptées aux conditions locales.
Avec l’appui de notre partenaire local Viim Baoré, les paysannes et paysans remettent en culture des variétés locales comme le niébé, une légumineuse résistante à la sécheresse, ainsi que des céréales mieux adaptées au manque d’eau et aux maladies.
Mais choisir des cultures adaptées ne suffit pas : il faut aussi retenir l’eau dans les sols. Avec l’association APIL, Humundi accompagne la restauration des terres grâce à des techniques ancestrales comme les demi-lunes, les cordons pierreux et le zaï. Ces aménagements ralentissent l’écoulement de l’eau et favorisent son infiltration, permettant aux sols de conserver plus longtemps l’humidité.
« Le changement climatique, c’est nous d’abord. Si nous changeons de comportement, nous pourrons lutter contre le changement climatique. La nature subit ce que nous sommes. »
Amidou Ganamé, directeur général de la coopérative VIIM BAORE
Choisir des cultures adaptées et mieux retenir chaque goutte de pluie : deux façons concrètes de mieux protéger les récoltes et l’autonomie alimentaire des familles face à la sécheresse.
→ Lire l’article : une agriculture moderne grâce aux savoirs locaux et ancestraux
→ Regarder la vidéo sur les cultures en demi-lunes
Dans les montagnes du nord de La Paz, les producteurs et productrices de café font face à plusieurs défis : des sols appauvris, des maladies et des pluies plus rares.
Pour y répondre, Humundi et FINCAFE accompagnent les familles vers l’agroforesterie : une pratique qui consiste à cultiver ensemble, sur une même parcelle, des caféiers, des arbres et d’autres cultures. Les arbres apportent de l’ombre aux cultures, leurs racines contribuent à protéger les sols et leur présence aide à mieux conserver l’eau.
En diversifiant les cultures, les familles réduisent aussi leur dépendance à une seule production et peuvent diversifier leurs revenus.
L’agroforesterie permet ainsi de rendre les parcelles plus résistantes aux périodes de sécheresse tout en renforçant l’autonomie économique des familles. Près de 200 familles sont aujourd’hui accompagnées.
→ Découvrir le projet d’agroforesterie en Bolivie
→ Regarder la vidéo sur les cultures associées au Pérou


À 3 600 mètres d’altitude, dans les hauts plateaux andins, Ulderico Quispe cultive des variétés ancestrales de pommes de terre comme la Matillo, l’Olones ou la Compis.
Ces variétés indigènes sont adaptées depuis des générations aux conditions de ces montagnes. Selon Ulderico, elles résistent naturellement aux ravageurs ainsi qu à certaines maladies et peuvent même être cultivées avec moins d’intrants.
Pourtant, elles sont progressivement remplacées par des variétés hybrides, plus rentables sur le marché mais plus sensibles aux changements climatiques.
Avec notre partenaire ARARIWA, Humundi soutient cette diversité indigène de pommes de terre. Face au dérèglement climatique, préserver cette diversité permet aux communautés de disposer de variétés adaptées à des conditions de culture différentes et de mieux faire face aux périodes de sécheresse, aux maladies et aux évolutions du climat.
Préserver ces variétés et les savoirs qui les accompagnent, c’est donc aussi renforcer l’autonomie et la capacité d’adaptation des communautés paysannes face aux changements à venir.
→ Découvrir le témoignage d’Ulderico Quispe et le travail de Humundi avec ARARIWA
Des sols mieux protégés, des cultures diversifiées, des arbres dans les champs, des semences adaptées : en misant sur la diversité et les équilibres naturels, l’agroécologie renforce la capacité des familles paysannes à faire face aux sécheresses et aux autres aléas climatiques.
Mais elle ne se limite pas aux pratiques agricoles. L’agroécologie invite plus largement à repenser nos systèmes alimentaires en plaçant au cœur l’humain, l’autonomie et la résilience des territoires ainsi que la préservation des écosystèmes. Cela implique aussi de repenser les modes de commercialisation, le partage de la valeur, la gouvernance des filières et les politiques publiques qui encadrent l’accès au foncier, aux ressources et aux marchés. L’agroécologie porte ainsi une dimension agricole, mais aussi sociale, économique, territoriale et politique.
Cette transition alimentaire est nécessaire partout, y compris en Belgique, où les agriculteurs et autres acteurs cherchent eux aussi des réponses à un climat plus chaud, plus sec et plus imprévisible.
C’est dans cette perspective que Humundi agit aux côtés des communautés paysannes, en soutenant des solutions agroécologiques adaptées aux réalités locales pour renforcer leur autonomie et leur capacité à faire face, dans une certaine mesure, aux effets du dérèglement climatique, tout en préservant les ressources dont elles dépendent.