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16 mars 2026

La justice climatique, ça veut dire quoi concrètement ?

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Quand il est question de climat, les débats politiques tournent autour de la question : « À qui la faute ? ». Quels sont les États à blâmer ? Quels acteurs de la société ? Mais une chose est certaine : les pays et les individus les plus riches ont une responsabilité bien plus grande dans le phénomène. Les pays industrialisés, qui représentent 15% de la population mondiale, ont émis historiquement 55% des gaz à effet de serre. Tandis que l’Afrique, par exemple, n’en émet encore aujourd’hui que 4%.

En termes de catégories sociales, même déséquilibre : les 1% les plus riches de la planète polluent bien davantage que la moitié la plus pauvre de l’humanité, qui de son côté ne détient que 2% de la richesse globale, n’est responsable que 12% des émissions de gaz à effet de serre, mais subit pourtant la majorité des conséquences du changement climatique.

C’est une injustice profonde : celles et ceux qui n’ont participé que de manière infime à la crise climatique et qui n’ont que très peu récolté les fruits du développement permis par les énergies fossiles, sont aujourd’hui les plus impactés. C’est notamment le cas des centaines de millions de paysannes et de paysans d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie qui cultivent sur de petites surfaces. Alors que leurs modèles de productions n’impactent que très faiblement le climat, ils se retrouvent en première ligne face aux fluctuations météorologiques, aux vagues de chaleur, aux inondations et aux sécheresses qui affectent leurs récoltes et leurs revenus.

Ce constat pose alors l’épineuse question du financement, véritable pierre d’achoppement des négociations climatiques internationales. Qui doit payer les pertes et dommages liés aux changements climatiques ? Qui doit payer pour l’adaptation de notre société et de nos pratiques agricoles aux nouvelles conditions climatiques ?

Force est de constater l’injustice des financements actuels. L’agriculture est à la fois l’une des principales victimes de la crise climatique et l’un des secteurs où la transformation des pratiques pourrait le plus contribuer à la réduction des émissions. Et pourtant, seulement 3% des financements publics liés à la lutte climatique sont dédiés à la question alimentaire et agricole. Et seule une petite fraction de ces fonds va aux agricultures de petite surface. Ainsi, c’est moins d’un 200ème des financements qui est dirigé vers les exploitations agricoles de petite taille, qui font pourtant vivre entre 500 et 600 millions de familles et restent les principales pourvoyeuses de nourriture dans de nombreuses régions du monde.

C’est pourquoi Humundi et ses partenaires en Afrique et en Amérique latine travaillent sans relâche à faire porter la voix des paysannes et des paysans auprès de nos politiques et à négocier une approche plus juste de la question climatique. Vivant sur la même planète, nous sommes tous dans le même bateau. Le véritable enjeu de la justice climatique, c’est que celles et ceux qui ont le moins contribué à foncer dans l’iceberg ne soient pas, en plus, ceux qui se retrouvent sans gilet ni canot de sauvetage.

Rédaction : François Grenade (Responsable du plaidoyer chez Humundi)

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Supporterres n°35