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21 septembre 2026
Défis Sud n° 143 est l’édition annuelle 2026 de la revue de Humundi (ex SOS Faim), une ONG belge engagée pour l’agroécologie et la souveraineté alimentaire. Il s’agit du dernier numéro avant la fusion de Défis Sud avec Supporterres.
Au sommaire : l’avenir de la coopération internationale face aux coupes budgétaires, un débat sur les marchés du carbone et un dossier sur l’agroécologie et son financement. La revue analyse aussi le libre-échange en Afrique, la crise de l’OMC, le modèle agricole marocain et la défense du maïs natif mexicain, violences sexuelles qui détruisent les récoltes dans l’est de la RDC et plusieurs articles prolongent les films du Festival Alimenterre.
Pour ce dernier numéro de Défis Sud, qui fusionnera l’an prochain avec Supporterres, le rédacteur en chef Pierre Coopman trace le fil rouge de l’édition 2026. Le libre-échange est à bout de souffle. L’OMC est paralysée. Les ONG belges de développement doivent faire face à des coupes budgétaires. Pendant ce temps, celles et ceux qui construisent l’agroécologie continuent patiemment de la transmettre, de parcelle en parcelle. L’édito défend une conviction : nourrir le monde ne se résume ni à des échanges commerciaux ni à de la compensation carbone. C’est « une question de savoirs à transmettre et de pouvoirs à redistribuer ».
Coupes budgétaires, montée des discours souverainistes au Sud, tentations transactionnelles au Nord : la coopération internationale traverse une zone de turbulences. Les ONG s’apprêtent à entamer leurs prochains programmes avec des moyens revus à la baisse, au nom de l’austérité qui frappe les budgets de l’aide dans plusieurs pays européens.
Défis Sud explore avec Benoit De Waegeneer, secrétaire général de Humundi, et trois figures du secteur comment les ONG peuvent travailler avec leurs bases sociales et pourquoi les interdépendances mondiales concernent directement les citoyen·nes.
Arnaud Zacharie (CNCD-11.11.11) rappelle que les ONG ne représentent qu’environ 13 % de l’aide publique au développement mondiale. Leur force est ailleurs : jouer le rôle de contre-pouvoir démocratique. Adama Coulibaly (Oxfam International) souligne que le Sud global ne rejette pas la coopération, mais son asymétrie. Jean Van Wetter (Enabel) plaide pour une coopération entre partenaires autour de défis communs.
Quatre voix, une même conclusion : la coopération n’a jamais eu autant besoin de se réinventer, et rarement disposé d’autant d’arguments pour continuer d’exister.
Début 2026, la loi climat européenne a été amendée : l‘Europe pourra acheter de la séquestration de carbone hors de ses frontières. Cette ouverture menace-t-elle les communautés paysannes du Sud ?
Pour François Grenade, responsable du plaidoyer chez Humundi, les risques l’emportent. Le carbone stocké dans les sols ou les arbres peut être relâché à tout moment, alors que les émissions fossiles durent des siècles. Les marchés du carbone créent en outre une forte pression sur les terres, au détriment de la sécurité alimentaire. Humundi demande que l’Europe exclue les crédits carbone basés sur les terres.
Pour Pietro Carpena (Tree Aid), une finance carbone « à haute intégrité » reste l’un des rares outils capables de financer durablement la restauration des paysages dégradés. Tout dépend des règles qui l’encadrent.
Un encadré pédagogique présente les différents marchés du carbone, pour se faire sa propre opinion.
DÉFIS SUD 143